Tadao Ando – Une rétrospective à Beaubourg avant l’ouverture de la nouvelle fondation Pinault à la bourse du commerce de Paris.
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Tadao Ando en quelques dates :
1941 – Naissance à Osaka
1985 – Réception de la médaille Alvar Malto
1992 – Lauréat du Carlsberg Architectural Prize
1995 – Lauréat du prix Pritzker
2002 – Lauréat du prix Kyoto

Son mantra pourrait se résumer à la phrase suivante « si un bâtiment ne communique rien, ce n’est pas de l’architecture. »
Il met le corps au centre de ses architectures ainsi qu’au centre de sa démarche d’architecte : « la seule manière de saisir l’architecture, c’est d’aller visiter les bâtiments qui m’inspirent, pour faire l’expérience de leurs espaces et m’en souvenir avec mon corps. »

Il a défini une grammaire dont les notions de pillier, de mur, de systèmes géométriques (formes simples : carré, cercle, rectangle…) ainsi que des espaces intermédiaires sont les fondements. Celle-ci a pour objectif de libérer l’espace pour le corps. « l’espace doit être vécu et non plus abstrait au sens du modernisme. »
« Plutôt qu’une méthode , la géométrie ne serait-elle pas l’aboutissement d’une longue réflexion ? Si je cours après la géométrie, j’arrive en Grèce . Ensuite, je si continue de courir après elle, je suis obligé d’en faire une abstraction. Dans ce monde où il faut vraiment réfléchir pour parvenir à une architecture concrète, je reviens à ce point de départ que sont le cercle, le carré et le triangle. Mais ce point de départ ne suffit pas pour faire de l’architecture. Comment faire de l’architecture ? A force d’y réfléchir, j’aboutis au lien entre dimension, hauteur, surface et volumes tridimensionnels. Comment introduire le matériau dans cette recherche du lien entre volume, hauteur et surface ? Poursuivre le matériau, la forme et la géométrie. C’est une chose assez difficile. »

Il porte un intérêt particulier à la lumière et lui donne une place centrale dans son travail. « Une fois qu’on s’est débarrassé des ornements formels, c’est la lumière qui endosse le rôle primordial. » Le matériau principal de ses architectures est le béton : Un béton toujours superbe et sans défaut, lisse comme de la soie… qui de fait, attrape à merveille la moindre inflexion lumineuse.


Eglise de la lumière : Ibaraki Osaka (1987-1989) Parallélépipède de Béton brut dont seul le cœur est fendu d’une croix, celui-ci apporte le jour. Dans ces jeux d’ombres et de lumière, il use à merveille de ces éléments. « Ce que j’ai senti en observant des édifices romans tels que l’abbaye de Thoronet ou Notre Dame de Senanque, c’est que la lumière est l’espoir. Quand j’ai conçu l’église de la lumière, ma réflexion a été qu’il fallait que la lumière entrant par la croix soit perçue de manière différente par chacun. (…) J’ai crée ce lieu en me demandant si le symbole de la communauté ce n’était pas la lumière. L’architecture consiste aussi à créer des lieux pour la communauté. De même, pour revenir à la lumière, dans la maison Koshino, j’ai fait en sorte que la lumière qui entre par divers endroits, donne envie de la puiser dans ses mains. Et je dois concevoir la lumière de chaque construction de manière différente.

La bourse de Paris devient la Fondation Pinault
Ouverture prévue début 2019

Le 27 avril 2016, François Pinault et la mairie de Paris annoncent le départ de la chambre de commerce et l’installation et la présentation d’une partie des collections d’art de Pinault, gérées par la Collection Pinault, dans le bâtiment circulaire. Les architectes retenus par François Pinault sont Tadao Andō, qui a travaillé au Palais Grassi et à La Douane, les deux sites vénitiens de la Collection ; Pierre-Antoine Gatier, architecte en chef des monuments historiques ; Lucie Niney et Thibault Marca, qui ont travaillé sur une résidence d’artistes à Lens pour le compte de François Pinault ; et le groupe Setec pour le volet technique. La Collection entend y proposer « une programmation pluridisciplinaire, avec de nombreuses expériences à la croisée des arts plastiques, de la musique, du théâtre, de la littérature et du cinéma »
Tadao Ando a dû composer avec l’histoire du bâtiment : la verrière et la fresque. Il a imaginé une forme circulaire qu’il scande en insérant à l’intérieur de la cour centrale un anneau cylindrique de béton de neuf mètres. Le futur espace d’exposition sera dédié aux œuvres les plus volumineuses. Dans les espaces latéraux de la Rotonde, des galeries courbes seront entièrement dédiés à l’art contemporain et s’étaleront sur trois niveaux. « Mon intention est de faire s’enchainer des séquences d’espaces variés découlant de la combinaison de la rotonde et du cylindre. L’espace existant et le nouveau créent un plein de vie, apte à porter la bannière de la culture urbaine des générations à venir.
Pierre-Antoine Gatier explique le projet ainsi : « il poursuit cette histoire architecturale en conservant la mémoire dans l’édifice historique et en apportant une intervention contemporaine en dialogue. »

Photographies de chantier par Patrick Tourneboeuf et maquette du projet de Tadao Ando.